L'Histoire d'Alfred

            Le village d`Alfred (paroisse de Saint-Victor) était incorporé le 1er janvier 1852 avec un conseil de cinq membres élus :  Thomas Brady, Gédéon Gratton, John Hillman, James McGovern et William Holmes.  En 1854, le canton d`Alfred s`organisait en une municipalité dictincte; le village d`Alfred en devenait le chef-lieu.  La même année la paroisse de Saint-Victor était consituée avec des limites qui dépassaient celles du canton et englobaient une partie de l`ouest de Longeuil et un coin du canton de Calédonia, afin d`en faire un rectangle régulier.

La Paroisse de Saint-Victor

            Le village n’existait pas encore.  Le chemin 'du télégraphe' venait de Plantagenet par le côteau sablonneux d`Alfred, pour aller rejoindre Cassburn et l`Orignal, en passant par Ritchance.  C’est le long de ce chemin qu`on décida d`ériger la petite chapelle parce qu`il était le plus fréquenté.  L`endroit était aussi au centre des petits groupes catholiques de Ritchance, de Calédonia, du Horse Creek, du crique des Atocas et du rang ‘‘des Anglais’’.  Il y avait déjà un bureau de post et une petite auberge.  Pendant son stage de mission de 1854 à 1856, le seul prêtre de la région, le curé de L`Orignal, faisait rares visites à la chapelle que les colons avaient construite en 1855.  De vingt-cinq par vingt-cinq pieds, cette chapelle était en pièces (billes) assemblées en queue d`aronde, selon l`architecture du temps.  Les planchers étaient de madriers non bouvetés ce qui, à certains moments, présentait des inconvénients.  Par exemple en hiver, si les gens du jubé transportaient un peu de neige avec leurs chaussures, cette neige en fondant coulait à travers les interstices et aspergeaient les fidèles de la nef.  Il arriva qu`a une messe de minuit l`un des fidèles, Laurent Cadieux, reconnu pour son franc-parler, dans un moment d`impatience, dit à haute voix: ‘‘Écouter-donc les gens d`en haut, allez-vous achever de nous arroser la tête?’’

              L`année suivante les curés Alméras et Bertrand de Plantagenet (ce dernier très actif avait été à la pêche à Sainte-Cécile-de-Macham ou il avait fait chantier et construit une scierie), visitaient la mission d`Alfred une fois par mois.  Onze ans plus tard (1867) la desserte était attribuée au curé Séraphin Philippe de Fournier, qui multiplia ses visites à deux fois par mois jusqu`en 1871, lorsqu`un premier curé résidant, Louis-Amable Lavoie, était donné à la paroisse nouvelle de Saint-Victor d`Alfred.  C`est lui qui fit construire une première église en pierre et un presbytère.  Pour enseigner la noblesse du travail manuel par l`exemple, il n`hésita nullement à défricher de ses bras une terre de 100 acres.  Le 29 décembre 1874 il inaugurait sa nouvelle église.

            Malheureusement le 7 mars 1925, cette belle église qui représentait tant d`efforts et de sacrifices, brûlait de fond en comble.  Le curé du temps, l`abbé Augustin Desjardins, trop malade pour entreprendre la reconstruction, demanda d`être relevé de ses fonctions.

  Son remplaçant, le curé Hermas Laniel, se mit immédiatement à l`œuvre et le nouveau temple fut solennellement bénit le 26 juin 1927.  Un second incendie détruisit l`intérieur de l`église le 15 juillet 1944 et ne donna pas aux paroissiens le temps de payer la dette qu`ils avaient assumée.  Sans se décourager une corvée s`organisa et l`église se répara à la journée sous la direction du curé, afin qu`il en coûtât moins; le 22 avril de l`année suivant la bénédiction solennelle avait lieu en présence de Mgr Joseph Charbonneau.

L'école du Village

            La section scolaire n° 10  fut organisée par le conseil municipal le 20 février 1875.  Le 1er décembre 1877, elle louait la salle municipale pour y faire la classe, aux prix de $12 par année.  Le 18 septembre 1884, la section empruntait sur obligations la somme de $2,300 à 6 d`intérêt, pour construire une école.  La valeur des propriétés évaluées pour le soutien de cette école était de $33,312.  Jusqu`en 1902, l`école a été dirigée par des instituteurs et des institutrice laïques.  A cette date l`école est agrandie.  À la demande du curé Lombard, des filles de la Sagesse en prennent charge pendant quinze ans.  A cause de circonstances incontrôlables, ces religieuses quittent l`école du village.  Augustin Desjardins qui veut conserver aux enfants de la paroisse l`influence salutaire des religieuses, demande aux Sœurs de Sainte-Anne, dont la maison-mère est située à Lachine, de venir y enseigner.  Afin de se qualifier les sœurs étudient pendant leurs vacances d`été.  Les Sœurs de l`école d`Alfred, ont enseigné de 1920 à 1930.

            Les révérendes Sœur Grises de la Croix d`Ottawa leur succèdent.  Immédiatement avec l`aide de trois institutrices laïque, elle inaugurent les deux premières années du cours secondaire ce qui permet aux élèves de la paroisse de demeurer plus longtemps dans leur foyer pour obtenir un enseignement qu`ils devaient auparavant aller chercher ailleurs.

 

École Industrielle Saint-Joseph

            Après de longues démarches auprès des autorités religieuses et gouvernementales, on fondait l`École industrielle Saint-Joseph d`Alfred le 1er août 1933, pour la réhabilitation des jeunes délinquants catholique de l`est ontarien.  L`édifice en pierre de taille comprend plusieurs corps de bâtiment reliés par de larges corridors et des ateliers d`apprentissage.  La communauté des Frères est responsable de l`entreprise, mais le gouvernement d`Ontario et le conseil municipal des jeunes délinquants versent une allocation déterminée pour chacun des pensionnaires.  Pour être admis à cette institution où ils étudient et apprennent un métier, les jeunes garçons doivent être âgés de moins de 16 ans.

 

            L`un des premiers médecins à pratiquer sa profession dans la région est le docteur A.A. Gibeault, de Saint-Jacques-de-l`Achigan, qui après ses études au collège de Montréal en 1885, exerça sa profession à Alfred pendant quarante ans.  En 1890, il devait subir les examens de la province d`Ontario pour continuer sa pratique.

          Le bureau de poste d`Alfred a été établi le 1er juin 1855.  Le village jouit d`un service téléphonique depuis 1886; d`un service d`aqueduc depuis 1916; et d`un service d`électricité depuis 1917.  Ce dernier service était organisé par Joseph Chartrand, Doué D`Aoust et Honoré Bélanger.  En 1920 le Bureau des commissaires municipaux acheta cette installation.  Après quelques années, ne donnant plus satisfaction, le service d`électricité fut vendu à la Compagnie Ottawa-Montréal Power, dont la ligne de distribution passait à Hawkesbury.  On lui demanda en même temps de fournir le pouvoir hydro-électrique nécessaire au citoyens.  Pour aider à l`installation d`une ligne de transmission de Hawkesbury à Alfred, le village lui paya 12,000 dollars.  Les travaux furent terminés en janvier 1925.  Deux ans plus tard, l`Ottawa-Montreal Power devient la propriété de la Compagnie Gatineau-Montreal Power (Hydro-Québec) qui continua le service sans interruption.

 

Les textes sont des extraits du livre " Histoire des Comtés Unis de Prescott et de Russell". Lucien Brault M.A., PH.D., et du Conseil des Comtés Unis, L’Orignal Ont, imprimer par Le Droit, le 4 janvier 1965.  Les photographies sont tirées du calendrier souvenir du 125e Anniversaire de la Paroisse St-Victor d'Alfred.