Village, paroisse Saint-Paul
Origine
Le colonel William Fortune, qui avait arpenté les terres le long de la rivière Outaouais jusquà la rivière Petite-Nation-du-Sud, se fit concéder du terrain où se trouve actuellement le billage de Platagenet, y comprenant le privilège dy exploiter le pouvoir hydraulique, en reconnaissance de ses services darpenteur. Endetté envers Abner et Jonathan Hagar, originaires de Weybridge, Bermont, et marchands à Montréal, Fortune leur échangea son terrain à Plantagenet pour la remise de sa dette. Le défrichement nétait pas commencé en 1811 lorsque Abner et Jonathan Hagar en prient possession. Lors de la guerre de la Grande-Bretagne contre les Etats-Unis en 1812, Jonathan retourna dans son pays dorigine et céda ses intérêts dans lentrprise de Plantagenet à John Chesser. Avec Abner Hagar, Chesser érigea un barrage sur la rivière Petite-Nation-du-Sud pour obtenir le pouvoir hydraulique nécessaire à une scierie dès 1812. Pendant de nombreuses années, Chesser joua un rôle de première importance.
Au cours de la dépression daprès-guerre, Abner Hagar subit de lourdes pertes dans ses nombreux magasins et vendit ses intérêts à son associé, Chesser, vers 1819 pour soccuper exclusivement dagriculture. Chesser, par le fait même, devenait lunique propriétaire de la scierie.
Après avoir combattu en Irlande et en Espagne, le colonel Kearns sétablit à Plantagenet-Nord vers 1820, à environ deux milles du moulin Chesser-Hagar. Il devint juge de paix et lieutenant-colonel de la milice; il se fit élire pour représenter le comté de Prescott au Parlement du Canada-Uni. Parmi les autres colons de Plantagenet-Nord, il y eut James Molloy qui vint en 1825 et Peter et William Georgen qui sétablirent dans le 8e rang. En peu de temps de nombreuses maisonnettes furent construites autour du moulin par les employés. J.W. Marston y ouvrit un magasin. Par la suite le moulin fut vendu à un nommé Hatt qui donna son nom (Hattville et Hattfield) à lendroit. Au moment de louverture du bureau de poste en 1838, on y substitua le nom original de village de Plantagenet.
Peter McMartin y ouvrit un autre magasin et avec le noyau de popoulation française déjà établie, le centre qui en résulta prit une apparence commerciale. McMartin acheta ensuite les intérêts de Hatt (qui alla mourir à Montréal). Il devint le premier maître de poste et joua un rôle important dans la municipalité. Finalement, il vendit son entreprise à Albert Hagar, un descendant du fondateur, Abner Hagar. Ainsi le moulin construit par un Hagar retournait à cette famille. Charles Larocque y ouvrit un autre magasin et joua, lui aussi, un rôle prépondérant dans ladministration municipale. Les rangées de lots sur les deux côtés de la Petite-Nation-du-Sud à cet endroit ont été divisées par Hatt et Chesser; McMartin y ajouta la propriété adjacente et fit subdiviser le tout par larpenteur William McConnell. Ce petit village devint le chef-lieu du canton de Plantagenet-Nord.
En 1843, Plantagenet devenait lextrémité de la route postale venant de Montréal. Le 11 août de lannée précédente on priait le gouvernement de faire les dépenses requises pour ouvrir au moins une route cavalière au centre du canton, qui irait de Rigaud à Hattfield.
Pendant plusieurs années leau des sources qui se trouvent à un mille et demi de Plantagenet, était renommée pour ses qualités curatives. Cette eau avait été remarquée en 1832, lors de lépidémie de choléra asiatique qui sabattit sur Québec, Montréal, Bytown et les régions qui recevaient des immigrants. Un marchand de bois du nom de Cameron, qui connaissait les qualités de cette eau, en fit boire à ses amis et tous obtinrent de bons résultats. On dit même quaucun de ceux qui en burent ne moururent de cette maladie. En peu de temps cette eau était recommandée et généralement bue de Québec à Bytown (Ottawa). Cette source fut exploitée jusquen 1865 par William Rodden, marchand de Montréal et propriétaire de 1,300 acres de terre à Plantagenet.
Cest également ici que les Canadiens français eurent leur première école modèle bilingue. Cette école ouvrait ses portes à Plantagenet le 13 janvier 1890 pour enseigner langlais aux instituteurs de langue française, en plus de tous les sujets au programme des écoles publiques de langue anglaise. Trente-deux étudiants sinscrivirent aux cours lors de la première année. On y fit un travail satisfaisant et on nomma un second professeur pour aider le principale, David Chenay.
Lécole modèle de Plantagenet reçut beaucoup déloges de la part des commissaires de la deuxième enquête (1893). On constata que les instituteurs qui y avaient étudié avaient fait beaucoup de progrès dans lenseignement de langlais. En 1901, lécole modèle de Plantagenet était abolie et transportée à Ottawa, parce quon ne pouvait trouver de remplaçant au professeur Chenay.
Au début de la mission en 1839, le curé Pierre Lefaivre, de lOrignal, venait dire la messe à Plantagenet à chaque deuxième semaine. Il faisait le voyage à pied, à travers la forêt, soit une distance denviron dix-sept milles. Il y constrisit une chapelle dapparence bizarre sur un terrain de Peter McMartin, propriétaire de la scierie; sous le patronage de Saint Philippe, sur le site actuel du cimetière Saint-Paul. Le plan original plaçait dans une même maison une chapelle à létage supérieur et un presbytère au rez-de-chaussée. Comme il ny avait pas encore de prêtre résidant, on construisit la chapelle sur des poteaux de douze pieds de hauteur avec lintention de construire plus tard un presbytère au bas. Cette seconde partie du projet ne fut pas réalisée et, après quelques années on dut descendre la chapelle de son piedestal.
La population de Plantagenet continuait daugmenter dannée en année; en 1884 la partie ouest de son territoire se sépara pour former la nouvelle paroisse de Wendover; et, en 1923, la partie nord formait une autre paroisse, celle de Treadwell.
Le bureau de poste a été établi le 6 août 1838.
En 1896, la compagnie de chemin de fer Canadien Pacifique érigea un pont au-dessus du rapide de la rivière Petite-Nation-du-Sud où les billes samoncelaient à un tel point quon devait les lancer à la main pour défaire les embâcles. On donna à cet endroit le nom Pitchoff.
Extraits et photo du livre " Histoire des Comtés Unis de Prescott et de Russell". Lucien Brault M.A., PH.D., et du Conseil des Comtés Unis, LOrignal Ont, imprimer par Le Droit, le 4 janvier 1965.