Village, paroisse Saint-Thomas d`Alfred
Origine
Son premier colon, Pierre Lefaivre, de la paroisse de Saint-Benoît, arriva ici avec sa famille en 1848. Son fils Hercule, alors âgé de 9 ans, deviendra trésorier de la commission scolaire en 1861, maire du canton d`Alfred en 1872, marchand général et maître de poste du village en 1873.
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Hercule Lefaivre |
Hercule construira à ses frais, en 1882, le quai près de son magasin sur la rivière Outaouais afin de stimuler le commerce. L`activité d`Hercule Lefaivre lui a valu, à juste titre, le nom de père et fondateur de la paroisse. Pendant son terme d`office à la mairie, il ouvrit les chemins nécessaires aux colons qui venaient s`établir dans la région. En 1855, Hilaire Cholette, de Rigaud, vint s`installer avec sa famille à l`endroit où se trouve aujourd'hui le village. Graduellement les lots de la rive furent concédés et exploités. En 1867, il y avait 60 colons qui se livraient à l`exploitation de l`industrie forestière en attendant de cultiver leur terre. |
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Religion
Au début, les colons de Lefaivre devaient traverser la rivière Outaouais pour assister à la messe célébrée dans l`église de Montebello. Sauf aux moments des glaces, cette traversée ne constituait pas pour ces pionniers un obstacle à l`accompagnement de leur devoir religieux. En 1876, ne trouvant pas toujours de place dans cette église devenue trop petite, les habitants de Lefaivre manifestaient le désir d`être constitués en mission et d`avoir un temple chez eux, si modeste soit-il. Ils sollicitaient cette faveur des autorités ecclésiastiques. Pendant dix-huit mois, à chaque deuxième semaine, le curé Lavoie de Saint-Victor d`Alfred se rendait à Lefaivre pour célébrer la messe dans l`école.
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En septembre 1877 Hilaire Cholette
donne huit acres de terre du 20e lot du 1er rang pour ériger l`église et établir le cimetière à deux pas de la rivière. On
élit des syndics qui se chargent de la surveillance et de l`exécution des
travaux; tous les habitants sont enthousiastes et transportent la pierre
nécessaire à la construction du temple. Malheureusement, la mésentente
entre les habitants se met de la partie et la construction est suspendue.
En face de cette pénible situation, Hercule Lefaivre et Hilaire Cholette se
rendent à Ottawa pour solliciter le concours de l`archevêque et pour obtenir la
nomination d`un curé résidant qui pourrait sans doute rétablir
l`accord. Le 8 décembre 1879 le premier curé résidant, Rémi
Prud`homme, chante la première messe dans l`église de Saint-Thomas.
Au milieu de la nuit du 26 décembre 1922, l`incendie éclate dans l`église. La cloche sonne une alarme lugubre pour demander le secours des paroissiens. Malgré tous les effort déployés, en moins de deux heures il ne restait plus que quatre murs calcinés. En attendant la reconstruction, la salle du couvent des révérendes sœurs est transformée en chapelle pour les offices religieux paroissiaux. Le 5 juillet 1924, le nouveau temple était reconstruit. |
Industries
Comme son nom l`indique, l`épinettière était une forêt dense d`épinettes rouges de fort belles dimensions. En bordure de la rivière on trouvait une grande variété de bois francs : chêne bleu, chêne rouge , merisier rouge, érable, orme, frêne, et autres bois précieux, soit pour la construction de bateaux. Pour mettre sur le marché ses essences forestières il fallait des moulins à scie.
Joseph McGauvran (ou McGovern) érigea un premier moulin à scie sur la petite île situé en face de Montebello. Il fut incendié vers 1884. Désireux de voir des industries venir s`établir dans la région, on leur lança une invitation par la voie des journaux. Un Américain du nom Bell y répondit et érigea une vaste scierie qu`il ne put outiller à défaut de capital. Les principaux citoyens de la localité contribuèrent à l`entreprise en faisant l`acquisition de la machinerie nécessaire. Deux ans plus tard, le mécanicien Archambault achetait le tout et l`exploita jusqu`au moment de son incendie, quelque cinq ans plus tard. Olivier Lalonde bâtit une autre scierie un peu plus bas que le quai et il y ajouta un moulin à moudre. De nouveau, l`incendie ruina cette industrie après quelques années.
Avec ses ressources financières personnelles, le curé Pierre Bédard installa un service d`aqueduc pour l`usage des habitants du village. Son successeur, le curé Émile Levac, en fit l`acquisition à son arrivée. Sans tarder, il organisa en plus un système d`électricité pour l`éclairage et pour la force motrice. Les amis du curé appelaient cette entreprise la Levac Light, Heat, Water and Power Trust. Sa source d`approvisionnement était la Compagnie Gatineau Power, dont les lignes de transmission desservaient la rive québécoise de l`Outaouais. Pour unir les deux rives un gros câble sous-marin fut installé grâce auquel non seulement les rues et les maisons du village étaient éclairées, mais aussi le rang au Bord-de-l`eau, jusqu`au château Booth. Après vingt ans de service inappréciable, l`entreprise de Lefaivre fut achetée par l`Hydro-électrique d`Ontario qui s`installait dans la région. Avec le revenu de cette transaction le curé Levac érigea une salle paroissiale.
Le premier traversier, qui circula entre Montebello et Lefaivre, était un chaland à rames conduit par Godefroy Lambert; il avait été construit par France Mafor. Avec des roues à aubes de chaque côté, Honoré Massie en fit un horse-boat; Joseph Nadon y installa une chaudière à vapeur; et Honoré Raymond y fixa un moteur à gazoline et une hélice.
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Sur le lot no 19, en bas du village, Damien Cholette avait en 1868, un quai qu`il utilisait pour le chargement du bois de chauffage dont se servaient les bateaux de ligne et dont une partie était aussi chargée sur les barges pour être livrée dans les villes de Montréal et d`Ottawa où il avait un grand besoin de ce bois pour chauffer les maisons et les édifices du Parlement. Le charbon n`y était pas encore utilisé; il le fut vers 1886. Joseph Sheppard d`Ottawa, propriétaire du bateau Peerless et de quelques autres bateaux plus petits érigea un quai sur le lot no 2 , à la pointe, pour approvisionner les chaudières de ses bateaux à vapeur. Il y avait aussi un petit quai à l`embouchure de la crique des ``Atocas`` pour le chargement du grain sur les barges. Hercule Lefaivre construisit son quai en 1882. Il s`y fit un trafic considérable de bois, foin, fromage, bétail et de toutes sortes de marchandises, y compris la fameuse mélasse qui est devenue légendaire dans toute la région. Tous les bateaux s`y arrêtaient soit pour accommoder les voyageurs ou pour le transport des marchandises. |
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Autres
Un événement marquant dont les habitants du canton d`Alfred ont parlé longtemps, est le passage du prince de Galles en 1860 lorsqu`il se rendait à Ottawa pour la pose de la pierre angulaire de l`édifice du Parlement. Le navire qui le transportait s`arrêta pendant quelques minutes au quai de Brown, à six milles d`Alfred, où toute la population des environs s`était rendue pour voir le visiteur royal.

Extraits du livre " Histoire des Comtés Unis de Prescott et de Russell". Lucien Brault M.A., PH.D., et du Conseil des Comtés Unis, LOrignal Ont, imprimer par Le Droit, le 4 janvier 1965. Photos des Albums Souvenir du 50e et 100e anniversaires.